Interviews

Ce Rapport annuel rend compte pour la dixième année des dégâts physiques, psychologiques et sociaux engendrés par l’homophobie. Nous avons demandé à 10 personnalités reconnues pour leur engagement contre l’homophobie de proposer des pistes pour gagner ce combat dans la prochaine décennie.

Voici leurs réponses, en 10 phrases, à la question : « Quelles sont selon vous les priorités dans la lutte contre l'homophobie dans les 10 ans à venir ? »

Act Up-Paris :

  1. L’égalité des droits pour les transpédégouines parce qu’elle est une étape incontournable pour supprimer la hiérarchie entre les différentes sexualités.
  2. Que l’hétérosexualité ne soit plus présentée comme étant la norme, car c’est une des causes des suicides des jeunes transpédégouines.
  3. Que des propos tels que ceux de Christian Vanneste « le comportement homosexuel est une menace pour la survie de l’humanité », « les homosexuels sont sectaires », « l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité » ne puissent désormais plus être tenus dans l’indifférence quasi totale de l’ensemble de la classe politique.
  4. L’homophobie ne relève pas de l’opinion, mais de l’injure. Que cela devienne enfin une évidence pour la justice, et pour tout le monde, car elle favorise les comportements à risque dans la sexualité et par ce fait même de la propagation de l’infection à VIH, la sur-suicidalité, et le manque d’estime de soi.
  5. La lutte contre la lesbophobie et sa prise en compte dans tout ce qu’elle a de spécifique et ce qu’elle implique comme prises de risques pour les lesbiennes dans leur santé.
  6. La lutte contre le sexisme.
  7. Que le Vatican, en tant que puissance politique à l’OMS, soit condamné pour ses propos tenus sur l’homosexualité et le sida.
  8. Plus généralement, que les différentes religions cessent d’exclure les transpédégouines, car leurs prises de positions homophobes mettent en danger la vie de centaines de milliers de LGBT.
  9. Une réelle cohérence dans l’application du droit d’asile pour les LGBT victimes de persécutions dans leur pays d’origine et qu’on arrête de nous dire « pour échapper à l’homophobie, vivez cachées ».
  10. Que des pays comme la France fassent pression sur tous les pays qui ne respectent pas les droits des LGBT, pour les obliger à les appliquer.

Gilles Condoris, président de SOS homophobie de 1995 à 1997

Cela fait plus de dix ans que SOS homophobie agit au quotidien pour lutter contre cette homophobie qui a fait tant souffrir d'hommes et de femmes. La priorité qui me semble la plus importante, est celle de CONTINUER. Sur tous les fronts. TRAQUER les propos blessants et dangereux. ECOUTER ceux qui ont été directement touchés. PROTEGER ceux qui ont été violentés et les ACCOMPAGNER pour RAPPELER le droit. COLPORTER pour mieux dénoncer la haine, l'intolérance, d'où qu’elle vienne. CIBLER, RENCONTRER, INFORMER, pour AIDER ceux qui ignorent encore que de leur comportement va dépendre le bien être d'autres. C'est un vrai combat, long, quotidien et bien loin d'être terminé, qui nous concerne tous, pour arriver à ce que la peur change définitivement de camp.

Emmanuelle Cosse, journaliste à Têtu

Si ces dernières années ont été marquées par un encadrement répressif de l’homophobie, on ne peut pourtant pas s’en contenter : sans des campagnes de prévention auprès des jeunes, mais aussi des débats dans toutes les couches de la société sur l’homosexualité, on ne viendra pas à bout de la haine homophobe. Le volet prévention de la lutte contre l’homophobie est malheureusement encore trop souvent le parent pauvre des initiatives. Ensuite, la visibilité des victimes d’homophobie reste encore trop souvent réduite. Peu de victimes osent en parler et se défendre en justice, notamment les femmes. Enfin et surtout, c’est d’une égalité des droits entre hétéros et homos, pleine et entière dont nous avons besoin : on n’est pas égaux tant qu’on n’a pas les mêmes droits. Il n’y a aucune raison de tergiverser sur le mariage et l’adoption par les couples homosexuels : la lutte contre l’homophobie passe obligatoirement par là.

Christophe Girard, adjoint au maire de Paris

  1. Le retour du religieux n'augure rien de bon pour les années à venir et nous devrons redoubler de vigilance face aux discriminations. La parole haineuse se déchaîne à nouveau. Traiter spécifiquement la question des banlieues.
  2. Tout doit commencer par l'éducation donc par l'école. Nous savons tous que « sale pédé ou sale gouine » est une injure exprimée dès le plus jeune âge dans les cours d'école.
  3. Nous devons demander l'application des différentes circulaires car finalement elles sont souvent restées lettres mortes et sont appliquées selon le bon gré des académies, recteurs ou proviseurs (circulaire Lang).
  4. Les sexualités doivent être enseignées sans discrimination et l'homosexualité est une sexualité à part entière.
  5. Demander à l'éducation nationale de mettre en place dans chaque lycée une antenne permettant d'accueillir les élèves discriminés par leurs camarades et/ou leurs familles (regrouper les discriminations liées à la sexualité).
  6. Enseigner l'histoire de l'homosexualité à l'université.
  7. Poser clairement la question de l'homosexualité à tous les représentants des religions pratiquées dans notre pays pour avoir un « état des lieux » clair et publiable.
  8. Demander à chaque candidat-e à la Présidence de la République et chaque Député-e en 2007 sa position sur l'homophobie.
  9. Demander la reconnaissance de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie.
  10. Obtenir une charte d'éthique dans les médias et le service public, prenant en compte en particulier les propos homophobes.

Eric Fassin, sociologue et professeur à l’Ecole normale supérieure

Un combat sans fin
Les discours et les actes homophobes ne doivent pas être pensés comme individuels, même s’ils sont le fait d’individus. Il ne faut donc pas réduire l’homophobie à un symptôme psychologique. C’est un fait social, autorisé socialement.
Pour autant, le remède n’est pas seulement dans l’éducation. Même si l’ignorance est dangereuse, l’homophobie n’est pas réservée aux « ignorants » ; elle n’est d’ailleurs pas absente chez les « savants ».
Il faut donc combattre le mal à la racine : l’homophobie d’Etat, qui institue l’inégalité entre les sexualités, en particulier en matière de mariage et de filiation. C’est l’Etat qui continue de légitimer la hiérarchie des sexualités en la préservant dans ses institutions les plus « sacrées ».
Le problème, c’est que l’homophobie aujourd’hui n’est pas seulement traditionnelle : elle est tout autant moderne, au sens où elle est réactionnaire. En effet, la violence homophobe peut être une réaction contre la remise en cause de l’hétérosexisme, tout comme la violence sexiste peut être une réaction contre la demande d’égalité entre les sexes.
Bref, de même que la lutte contre le racisme, ou le sexisme, la lutte contre l’homophobie est un combat sans fin.

Martine Gross, présidente d’honneur de l’Association des Parents et futurs parents Gays et lesbiens (APGL)

Faire cesser les discriminations dans l’application de lois en elles-mêmes non discriminatoires :

  1. Éliminer toute discrimination dans les décisions juridiques liées aux divorces ou aux séparations. Les parents doivent maintenir des liens avec leur enfant au delà de leur séparation, la loi du 4 mars 2002 l’affirme. Mais lorsqu’il s’agit d’un père gay ou d’une mère lesbienne, il n’est pas rare que la décision du magistrat soit assortie d’une condition du type ne pas vivre avec une personne du même sexe ou bien ne pas mettre l’enfant en présence de la compagne ou du compagnon.
  2. Éliminer la discrimination qui touche les personnes homosexuelles qui ne dissimulent pas leur orientation sexuelle lors des investigations pour obtenir l’agrément. Rares sont les départements qui délivrent l’agrément en vue d’adopter sans discrimination lorsque l’homosexualité du candidat n’est pas dissimulée. Or, la loi ne mentionne pas l’orientation sexuelle comme critère pour refuser l’agrément. Une mesure s’impose : un décret d’application indiquant qu’il est interdit d’alléguer l’orientation sexuelle comme motif de refus.
  3. Éliminer la discrimination touchant les parents de même sexe dans les décisions juridiques de délégation et de partage de l’autorité parentale. Certains magistrats estiment qu’il n’est pas de l’intérêt de l’enfant que l’autorité parentale soit partagée entre deux personnes de même sexe. Une mesure s’impose pour éliminer cette discrimination qui touche aussi bien les parents gays et lesbiens que leurs enfants : permettre le partage de l’autorité parentale dès lors que le ou les parents légaux le demande/nt ou interdire aux magistrats de motiver leur refus sur le critère de l’orientation sexuelle.

Faire advenir de nouvelles lois sur la base de deux principes : l’égale protection de tous les enfants quel que soit leur environnement familial, l’égalité de tous les citoyens.

  1. Cesser de fonder la filiation sur la vraisemblance d’un rapport sexuel procréatif. Pour cela considérer que la filiation est une institution qui désigne comme parents ceux qui s’engagent vis-à-vis d’un enfant, quel que soit leur sexe.
  2. Ouvrir l’adoption aux non mariés. Les enfants pourront bénéficier de deux parents au lieu d’un seul. Qu’il s’agisse de l’adoption par le second parent ou d’adoption par deux personnes prêtes à s’engager vis-à-vis d’un enfant.
  3. Éliminer la discrimination dans l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée. Dès lors que ces techniques existent, elles doivent être accessibles à tous les citoyens en âge de procréer, sur la base d’un engagement parental.
  4. Éliminer la discrimination dont sont victimes les enfants élevés au sein des familles homoparentales : en cas de décès ou de séparation ils n’ont pas la garantie qu’ont ceux des familles hétéroparentales de maintenir des liens avec tous leurs parents. Instituer un statut de parent social pour la compagne ou le compagnon d’un parent légal qui permette à l’enfant de maintenir des liens. Pour cela, autoriser l’adoption plénière par le second parent avec partage de l’autorité parentale ou l’adoption simple s’il y a déjà deux parents légaux.
  5. Éliminer la discrimination qui touche les couples de même sexe qui souhaitent officialiser leur union. Tous les couples doivent pouvoir accéder à l’institution du mariage. La présomption de paternité doit être remplacée par la présomption d’engagement parental. C’est cet engagement qui doit fonder la filiation et pas uniquement la transmission de gamètes.

Et le plus urgent : changer les mentalités. Le principe de précaution mis en avant pour refuser de légiférer doit cesser, car ce discours considère l’homoparentalité comme une catastrophe écologique. Les gays et les lesbiennes sont dans la cité. Il n’y a pas à s’en protéger. En revanche leurs enfants doivent bénéficier des mêmes protections légales que les autres.

  1. Promouvoir une formation des personnels éducatifs pour lutter contre l’homophobie à l’école. Les enfants doivent apprendre dès leur plus jeune âge à bannir les propos homophobes et sexistes tout comme les propos racistes.
  2. Promouvoir la recherche publique sur les familles homoparentales. Les parlementaires réclament des études mais les fonds ne sont pas alloués et les études existantes sont systématiquement critiquées lorsque leurs conclusions sont rassurantes quant au devenir des enfants élevés au sein des familles homoparentales.

Julien Picquart, journaliste, auteur de Pour en finir avec l’homophobie

Surtout ne pas croire que le combat est en passe d'être gagné et que nous sommes en bonne voie pour que nos idées l'emportent. Certes, tout le monde, ou presque, sait désormais ce qu'est l'homophobie. Certes, un député a été condamné il y a quelques mois pour avoir tenu des propos inadmissibles. Certes, les médias se font l'écho de nos actions, contre l'homophobie en banlieues ou la lesbophobie. Mais la liberté et l'égalité que nous sommes en train de conquérir, en nous battant pour l'accès au mariage et l'homoparentalité, seront toujours des acquis fragiles. L'homophobie est un phénomène trop ancien et encore bien trop généralisé, ici et ailleurs, pour que nous puissions nous croire à l'abri d'un retour de bâton. Aujourd'hui, les sondages nous donnent de plus en plus majoritaires. Mais les minorités, sexuelles en l'occurrence, sont toujours les premières victimes d'un accès de faiblesse de la démocratie et d'une montée en puissance des extrémismes et des fanatismes. Notre combat pour l'inscription dans la loi de nos droits en est d'autant plus primordial. Mais que cela ne nous dédouane pas de rester vigilants durant les dix prochaines années.

Jean-Luc Roméro, conseiller régional d’Ile-de-France, président d’Aujourd’hui, Autrement

Encore aujourd’hui, trop de personnes minimisent l’homophobie alors que son impact est dramatique : injures, discriminations, violence...

L’homophobie doit être considérée, au même titre que le racisme ou l’antisémitisme, comme une atteinte fondamentale à la personne humaine, elle doit susciter les mêmes réactionsde rejet citoyennes et politiques. Pour lutter contre ce fléau, qui doit être un chantier prioritaire pour l’avenir au nom de l’égalité et de la tolérance, trois voies s’offrent à nous et à la société :

  • La répression de l’homophobie: des réels progrès ont été accomplis en la matière, l’homophobie est devenue une circonstance aggravante en matière de crimes et délits et les propos homophobes sont réprimés, comme le procès du député Vanneste le prouve. Il faut donc continuer dans cette voie.
  • L’éducation à la tolérance : au vu de la difficulté de dire son homosexualité en France, en 2006, au regard du taux de suicide chez les jeunes homosexuels, largement supérieur à la moyenne, il est absolument nécessaire d’intégrer dans le programme scolaire des modules d’éducation à la sexualité et de donner les moyens pour que ceux-ci puissent réellement avoir lieu. Cela permettra aux jeunes d’avoir une vision juste et tolérante de l’homosexualité et d’assumer au mieux leur orientation sexuelle, quelle qu’elle soit.
  • L’égalité des droits : de réelles avancées ont eu lieu depuis 10 ans notamment via le Pacs mais beaucoup reste à faire comme sur le mariage entre personnes du même sexe, l’adoption ou même le don du sang. Ne pas accorder les mêmes droits aux homosexuels nourrit incontestablement l’homophobie, aux pouvoirs publics d’agir en conséquence...

Contre l’homophobie, tous ensemble, associatifs, politiques, citoyens, nous devons faire de cette lutte une priorité.

Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale contre l‘homophobie, directeur du Dictionnaire de l’homophobie

  1. La reconnaissance de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, en France et dans le monde entier, ce qui constituerait un levier formidable d'action politique, sociale et symbolique.
  2. La reconnaissance pleine et entière des modes de vie trans, en France et dans le monde entier, afin qu'ils ne soient plus considérés comme étant liés à une pathologie mentale ou à une anomalie sociale.
  3. Au-delà de l'homophobie, la lutte générale contre l'hétérosexisme (idée selon laquelle l'homme est fait pour la femme, et surtout, la femme pour l'homme), structure sociale où se révèle l'articulation profonde entre sexisme et homophobie, hétérosexisme que subissent les femmes en général, et les lesbiennes en particulier..
  4. La lutte contre le suicide des jeunes, trop souvent « favorisé » par l'homophobie en particulier, et par l'hétérosexisme en général.
  5. La lutte renforcée contre les violences et les discriminations homophobes, car si les lois existent, elles demeurent difficiles à appliquer, et les politiques publiques de prévention, largement déficientes.
  6. L'implication véritable de l'Ecole dans la reconnaissance du pluralisme sexuel, dans la lutte pour les droits sexuels, dans la lutte contre la sexophobie, implication enfin pour une histoire de la sexualité en général, et pour un développement des études gaies et lesbiennes en particulier.
  7. La reconnaissance du droit au mariage pour les couples de même sexe.
  8. La reconnaissance des familles homoparentales qui existent, et la reconnaissance des projets visant à constituer des familles homoparentales.
  9. La reconnaissance effective du statut de réfugié pour les personnes LGBT menacées ou poursuivies dans leur pays, et la prise en compte de l'homophobie dans la politique extérieure de la France lors des négociations bilatérales et dans les sommets internationaux.
  10. La reconnaissance du travail accompli par les associations en matière de lutte contre l'homophobie, et le soutien moral et financier des autorités publiques eu égard à la qualité du travail bien souvent accompli.

Eric Verdier, psychologue/psychothérapeute, chargé de mission à la Ligue des droits de l’Homme

  1. Créer dans toutes les villes de France des espaces d’expression et d’échange non spécifiques, c’est-à-dire qui concernent toutes les formes de discriminations, afin que les jeunes et les adultes qui se sentent victimes ou qui vivent dans la peur d’affirmer leurs « différences » puissent s’y rendre sans craindre d’être « repérés » ; les données récoltées anonymement doivent être transmises aux Commissions pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté (COPEC), et sur le plan national centralisées et analysées dans un rapport annuel remis à la Halde.
  2. Sensibiliser tous les professionnels des champs éducatif, judiciaire et répressif, sanitaire et social (en formation initiale et continue) à la prise en compte des questions de discriminations de manière transversale et spécifique – racisme, sexisme et homophobie – et aux conséquences qui en résultent en terme de santé publique et de citoyenneté.
  3. Promouvoir la visibilité des personnes LGBT dans tous les espaces sociaux où ils ne sont pas « attendus » - notamment en politique, en entreprise, dans le sport, les médias, et dans les cercles de pouvoir – à partir de l’effet « boule de neige » ; une émission régulière et à une heure de grande écoute sur le service public, sur le thème des « différences » et associant des « people », pourrait impulser le phénomène...
  4. Insérer, dans toutes les enquêtes grand public liées à la santé et à la citoyenneté, des items sur le sexe, le genre et la sexualité, afin de pouvoir – enfin – disposer de chiffres français permettant d’objectiver le vécu des personnes LGBT, et de celles qui sont considérées comme telles, quant au mal-être et à la violence.
  5. Former les bénévoles associatifs des milieux communautaires LGBT et des associations partenaires, en lien avec les structures d’accompagnement de la souffrance, au repérage des signes d’alerte, à l’évaluation de l’urgence suicidaire et à l’intervention de crise ; ces formations seront également l’occasion de tisser un réseau de vigilance sur les conséquences de l’homophobie intériorisée, et un travail inter associatif de proximité autour des personnes les plus vulnérables.
  6. Inscrire, dans le fonctionnement des établissements scolaires et des centres de formation, l’identification des phénomènes de bouc-émissaire, et l’obligation de les prévenir puis de les prendre en compte dans la vie scolaire ; cela doit également faire partie de la formation des délégués d’élèves et des missions du professeur principal, notamment dans le cadre des heures de vie de classe.
  7. Organiser des grandes campagnes de sensibilisation sur les discriminations contemporaines, en nommant spécifiquement l’homophobie au côté du racisme et du sexisme, et instaurer une grande journée nationale – par exemple le 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie ; à cette occasion, une attention toute particulière doit être portée sur la diffusion de la loi et sur les moyens qui permettent de porter plainte.
  8. Sanctionner les représentations caricaturales et ostracisées, véhiculées notamment par les médias, dès qu’elles représentent une partie de la population sous une seule forme dévalorisée – le rire est la meilleure arme des homophobes et discriminants de tout poil ; hormis les situations avérées qui tombent sous le coup de la loi, il s’agit de mettre les responsables de programmes face à leurs responsabilités, en les incitant à faire la différence entre « rire avec » et « rire de ».
  9. Rendre impossible par un magistrat l’interdiction de « Résidence alternée » vis-à-vis d’un parent qui en fait la demande et la rend possible, quels que soient son sexe, son genre et sa sexualité, sauf dans des cas graves de violence avérée.
  10. Valoriser toutes les initiatives centrées sur la diversité humaine, autant dans les lignes de financement que dans les critères de recevabilité, au détriment de celles qui omettent de reconnaître l’existence voire l’ostracisme dont est victime une part significative de la population cible.