La parole à la commission LGBTI d'Amnesty International

A l’occasion des 20 ans du rapport annuel, nous avons souhaité donner la parole à des personnalités extérieures à notre association et recueillir leurs commentaires sur cet étrange anniversaire.

Le rapport annuel d’SOS homophobie étant réalisé à partir des témoignages reçus par notre association, les informations qu’il contient concernent majoritairement les cas de LGBT-phobies répertoriés la France. Avec le chapitre international, nous avons souhaité dépasser ces frontières et nous faire l’écho des discriminations subies par les personnes LGBT à travers le monde. La commission LGBTI d’Amnesty International, très investie sur la scène internationale, nous fait part du travail accomplit depuis 20 ans :

“Amnesty International s'est créée en 1961 autour de combats fondateurs que sont la défense des prisonniers d'opinion et la liberté d'expression. Son champ d'intervention initial s'est peu à peu étendu à l'ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Le combat en faveur des droits des personnes LGBTI a donc émergé au sein d'Amnesty International lorsqu'il est devenu évident que le mouvement devait à la fois promouvoir les droits humains dans leur ensemble et s'opposer à leur violation, en particulier lorsqu'il s'agissait du droit à ne pas subir de discriminations.

Depuis 1997, la section française d'Amnesty International est fortement engagée dans la lutte contre les discriminations auxquelles sont exposées les personnes LGBTI, en France et ailleurs. Ces discriminations prennent plusieurs formes, allant de la peine de mort à l'emprisonnement en passant par des restrictions aux libertés fondamentales telles que la liberté d'expression, de réunion ou d'association. Afin de faire connaître la situation des personnes LGBTI au grand public et d'interpeller les gouvernements, Amnesty International a publié de nombreux rapports.

Ainsi, l'année 1998 voit la parution du premier rapport sur ce sujet « Briser le silence. Violations des droits de l'homme liées à l'orientation sexuelle ». Suivront plusieurs autres documents tels que le rapport « Identité sexuelle et persécutions » en 2001 ou encore, en 2014, le rapport « L'Etat décide qui je suis » sur la question des procédures de changement d'état civil défaillantes ou inexistantes pour les personnes transgenres en Europe. Ces rapports ont été accompagnés de nombreuses campagnes de plaidoyer. Suite au soutien apporté à John Jeanette, personne transgenre norvégienne, dans le cadre de la campagne « 10 jours pour signer » 2014, le Premier ministre norvégien a annoncé la promulgation d'une loi qui rend possible un changement de genre à l'état civil sur simple déclaration. Amnesty International a également soutenu le cas de Noxolo Nogwaza, militante violée puis assassinée en raison de son orientation sexuelle en Afrique du Sud. Mais Amnesty International pèse aussi sur les discussions nationales et internationales grâce à son statut consultatif auprès de différentes organisations. Elle a ainsi participé au groupe de travail de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme sur le projet de loi « Mariage pour tous », ou rappelé sa position lors de l'adoption par 66 Etats, le 18 décembre 2008, de la résolution des Nations-Unies condamnant les discriminations basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Enfin, Amnesty International France participe au Comité de pilotage du Fonds de soutien mis en place par le Ministère des Affaires Etrangères pour attribuer des soutiens financiers aux associations LGBTI à travers le monde.

La section française d'Amnesty International faisant partie d'un mouvement mondial, elle apporte son soutien à des marches à risques comme celle de Varsovie en 2010 ou de Vilnius en 2013 par une présence physique permettant souvent d'assurer la sécurité des cortèges. Pour la première fois dans l'histoire de la section française, le 27 juin 2015, 400 militants ont rejoint la marche des fiertés de Paris à l'occasion de l'Assemblée Générale d'Amnesty International France. Grâce à la mobilisation de ses militants, Amnesty International a pu mettre en avant son action sur cette thématique aujourd'hui ancrée dans l'ADN du mouvement”.

Commission LGBTI,
Amnesty International