Préambule

1. Pourquoi un tel module ?

Même si nous constatons une lente amélioration, l'armée, la gendarmerie et la police demeurent en France, des bastions du comportement homophobe.

Pourtant aucun texte ne les autorise à l'être, bien au contraire.

Vous aussi, futurs policiers pourriez en être les victimes. En effet, des enquêtes de moralité officielles, effectuées par l'IPGN (Inspection générale de la police nationale) ou les Renseignements généraux, sont diligentées à l'encontre de tout candidat à un concours de la police nationale. Jusqu'ici rien de plus normal, seulement voilà, des questions relatives à l'orientation sexuelle du candidat continuent d'être posées, en marge de l'enquête officielle.

En exercice, beaucoup de policiers homosexuels, hommes comme femmes, dissimulent leur homosexualité. Ils s'inventent une double vie et rivalisent de blagues homophobes et sexistes pour ne pas éveiller de soupçons. Ceux qui travaillent dans les brigades de nuit sont contraints de patrouiller dans les lieux de rencontres qu'il leur arrive de fréquenter. Pourtant, une circulaire du Ministère de l'Intérieur stipule clairement que les fonctionnaires de police ne doivent pas importuner les gais sur leurs lieux de drague traditionnels à partir du moment ou ils ne se livrent pas à des comportements délictueux tels que l'exhibitionnisme par exemple.

Avant 1982, les policiers fichaient et pourchassaient officiellement les homosexuels, certains n'ont pas perdu facilement de si bonnes habitudes !

Au cours de leur carrière, des personnels de police et gendarmerie vont, en toute illégalité, commettre ou couvrir des actes d'homophobie.

Le jargon policier utilisé à l'encontre des homosexuels rebaptisés "targes, tantouses, pédales et folasses ?" est bien connu. Tant de témoignages d'insultes, d'humiliations, de contrôles et vérifications abusifs, de bousculades, parfois même de coups, inopportuns, gratuits, violents, motivés par une homophobie récalcitrante. Combien de descentes de police et de contrôles procéduriers injustifiés dans les établissements gais ? Tout aussi insupportable, sont les refus d'entendre et d'enregistrer des plaintes relatives à des tracasseries, des injures, des agressions voire des viols, subis par des homosexuels ou des lesbiennes.

Tout ceci se produit souvent dans la plus grande impunité, beaucoup d'homosexuels ne souhaitent pas exposer leur vie au grand jour, donc ne se plaignent pas et ne portent pas plainte.

Nous constatons sur notre ligne que ceci est de moins en moins vrai et que beaucoup d'homosexuels sont disposés à se défendre, réactifs, ils comptent bien faire valoir leurs droits.

Les homosexuels et les lesbiennes sont des citoyens à part entière, en droit d'attendre protection et réparation de la part de la force publique, de votre part.

Nous vous rappellerons donc aussi les principaux textes en vigueur relatifs au maintien de l'ordre public. Ces textes s'appliquent à tous les citoyens et au-delà à tous les résidants sur le sol français, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Beaucoup de membres des forces de l'ordre les connaissent et les font respecter, gageons qu'ils seront encore plus nombreux demain. Pour cela vous les aiderez à prendre les mesures appropriées et adopter d'autres comportements.

Nous espérons dans un premier temps que ce module de sensibilisation contre l'homophobie vous permette de vous faire une opinion personnelle qui vous éclairera dans l'exercice de vos fonctions. Nous vous demandons donc de laisser de côtés les éventuelles idées reçues et préjugés qui pourraient être les vôtres, de participer sans retenue à la formation, avec réceptivité et ouverture d'esprit.

Nous vous adresserons une copie de ce module de formation, sur demande.