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Qui aurait pu penser qu’en 2022, les personnes LGBTI seraient méprisées par une ministre en poste et une partie du gouvernement en place ? Caroline Cayeux a bien été poussée à démissionner, mais ce n’est cependant pas à cause de ses propos tenus sur Public Sénat, évoquant avoir « beaucoup d’amis parmi ces gens-là ». Ce n’est pas non plus à la suite d'une réaction du reste du gouvernement d’Élisabeth Borne, dont certain‧es membres n’évoquaient là qu’une « erreur » après laquelle il aurait fallu « passer à autre chose ».  

 

Passer à autre chose ? Impensable. Car lorsque la parole LGBTIphobe s’exprime librement et sans la moindre conséquence au plus haut niveau de l’État, elle légitime les comportements violents dans tout le reste de la société. « Ces gens-là » sont aujourd’hui toujours victimes d’agressions en raison de leur orientation sexuelle et amoureuse et leur identité de genre. « Ces gens-là » subissent ces violences à tout âge et en tout lieu. Et même dans des instants de répit, « ces gens-là » restent souvent sur la défensive, soumis à des micros agressions dites ordinaires car ancrées dans notre quotidien (commentaires stéréotypés, manspreading, mégenrage, etc.).

 

En 2022, les personnes LGBTI - car oui ce sont bel et bien des personnes - ont continué à avoir besoin du soutien de SOS homophobie et d’autres associations pour faire respecter leurs droits. À commencer par les personnes trans, dont la part des témoignages a doublé par rapport à 2021. On assiste en effet à une vague de transphobie, portée par nombre de mouvements anti-trans, et ce jusque dans les sphères de l’État. S’appuyant sur des médias peu sensibilisés, et pour certains consciemment hostiles, poussant les transidentités à être sujettes à débat, ces groupes ont ainsi pu déverser leur haine à des heures de grande écoute. Mais la reconnaissance et le respect des droits des personnes trans ne sont ni une opinion, ni un divertissement, ni le sujet d’un débat pour créer de l'audience et monétiser la haine. Voir son identité de genre respectée n’est ni un caprice, ni une mode, c’est un droit fondamental !

 

Tout aussi insoutenables, les violences subies par des enfants LGBTI en milieu scolaire et dans leur famille. Certain‧es jeunes en meurent toujours aujourd’hui. Il est révoltant de constater les manquements des institutions sur la formation des personnels enseignants à l’accueil de personnes en mal-être ou en questionnement ainsi que sur les questions de genre, d’orientation sexuelle et autour des discriminations qui y sont liées. Les associations qui interviennent en ce sens ne doivent pas être seules à agir, des moyens humains et financiers sont indispensables.

 

Dans ce contexte, SOS homophobie et ses bénévoles restent mobilisé‧es, à la hauteur de leurs moyens, pour poursuivre leurs interventions en milieu scolaire et accueillir la parole des victimes avec différents canaux d’écoute. Parmi eux, l’interface d’aide en ligne, lancée en 2021, a été accessible pour la première fois durant l’année entière, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, permettant aux victimes ou aux personnes en questionnement d'accéder à des informations claires sur leur situation.

 

Les manifestations de violences ayant lieu à l’école et en famille se reproduisent également dans la sphère professionnelle. C’est ainsi que SOS homophobie s’est investie encore davantage dans la sensibilisation des organisations en 2022 en lançant sa formation en ligne « Reconnaître les LGBTIphobies au travail et agir » afin de permettre aux entreprises, institutions et autres organismes professionnels de sensibiliser leurs équipes à grande échelle.

 

SOS homophobie restera engagée dans ses actions de prévention des LGBTIphobies, engagée auprès des institutions pour construire une société inclusive, et dévouée à la défense des victimes et de leurs droits.