Enquête nationale sur la bisexualité

Cette enquête nationale sur la bisexualité est née d’un constat commun à nos quatre associations (SOS homophobie, Act Up-Paris, Bi’Cause et le MAG Jeunes LGBT) : les personnes bisexuelles sont invisibilisées dans la société, parfois même dans les milieux LGBT, et les violences spécifiques qu’ils et elles subissent sont méconnues. Leur orientation sexuelle est souvent vue comme un effet de mode, un état intermédiaire sur lequel il n’est pas nécessaire de s’attarder. Il en résulte une difficulté à définir précisément la biphobie : en quoi se différencie-t-elle de l’homophobie ? Quels sont les préjugés qui entourent encore la bisexualité en 2015 ? Ces questions sont d’autant plus difficiles à démêler que peu d’écrits existent sur le vécu bisexuel, que les témoignages de biphobie sur le réseau d’écoute de SOS homophobie sont rares (seulement 27 signalements en 2014) et que la question est peu, si ce n’est pas du tout, traitée dans les médias. Il nous a alors semblé urgent d’avoir des données pour comprendre, analyser et dénoncer.

Au printemps 2012, nous avons élaboré ce questionnaire d’enquête. Nous avons choisi d’axer les questions sur la perception des comportements réels ou supposés des personnes bisexuelles et sur leur visibilité dans la société. Il nous semblait encore prématuré, en l’absence d’une définition plus précise, de réaliser une enquête uniquement sur la biphobie. L’angle, plus large, permet d’évaluer les stéréotypes et préjugés attachés au simple terme de « bisexualité » (« double ») et ce, avant même qu’il ne devienne une réalité tangible pour les enquêté-e-s. Nous avons volontairement choisi de demander l’orientation sexuelle des répondant-e-s. En effet, la bisexualité semble catalyser de nombreuses craintes tant du côté des hétérosexuel-le-s que des gays et lesbiennes, et nous voulions savoir si elles étaient similaires pour les deux. De même, le genre nous paraissait être une donnée importante pour l’analyse des résultats : si la bisexualité masculine est souvent mal perçue, celle féminine ne fait-elle pas partie intégrante de l’imaginaire pornographique hétérosexuel ?

Enfin, nous espérions qu’au-delà de pouvoir recueillir des données inédites sur la perception de la bisexualité, cette enquête permette de visibiliser cette orientation sexuelle et par là-même de pousser les gens à s’interroger sur la conception binaire de l’orientation sexuelle et du genre dans la société.

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